(Petite note biographique incomplète, en rapport avec l’association LUDAQUA)
Psychomotricien (aujourd'hui retraité) - ayant suivi cette formation (Faculté de médecine de Paris-Pitié-Salpêtrière et Institut régional d’éducation physique et sportive de Paris) dans les premières années qui ont suivi sa mise en place (sous l’égide des chaires de neuro-psychiatrie de l’enfant et de biologie appliquée à l’éducation physique et aux sports[1]), à une époque où l’éducation physique n’était pas encore, comme aujourd’hui, presque entièrement vouée au Sport et à l’éducation sportive[2] - et militant pédagogique engagé dans les mouvements de l’“éducation nouvelle” (ancien formateur aux Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active et ancien délégué général du Comité pour le développement de l’espace pour le jeu) et de la pédagogie et de la psychothérapie institutionnelles, j’ai fondé l’association LUDAQUA en 1983, à partir de certaines de mes activités professionnelles d’alors - notamment dans le domaine de la recherche sur le développement du jeune enfant - et dans une perspective proche des conceptions d’Alain Vadepied (1942-1976) - et que celui-ci a développées dans “Laisser l’eau faire” et “Les eaux troublées”, parus aux éditions du Scarabée (1976 et 1978) - et des recherches menées sous la direction de Guy Azémar, puis d’Yves Camus, au Centre Pierre-Madeuf[3] (Unité de pédagogie expérimentale de l’École normale supérieure d’éducation physique et sportive, puis de l’Institut national du sport et de l’éducation physique), que j’ai eu la possibilité de suivre avant la disparition de cet établissement, au début des années quatre-vingt.
C’est ainsi que l’association LUDAQUA fut la première association à organiser des activités d’“éveil aquatique” pour de jeunes et très jeunes enfants (plus communément désignées sous l’expression très discutable de “bébés nageurs”)[4] dans des piscines municipales de Paris.
Bernard Gibassier
1. Cette formation, sanctionnée à l’époque par un certificat de capacité (de rééducation de la psychomotricité) délivré par la faculté de médecine de Paris, avant la création du diplôme d’État de psychomotricien, avait été tout d’abord envisagée comme une formation complémentaire destinée à des personnes ayant déjà une expérience professionnelle dans des domaines tels que l’éducation physique, la kinésithérapie ou l’éducation spécialisée.
2 Les instructions officielles de 1985 sur les "horaires et programmes de l'école élémentaire" instituent, concernant l'éducation physique et sportive, [...] la primauté de la "finalité sportive", contrairement aux instructions officielles de 1980 sur les "horaires, objectifs, programmes, instructions au cycle moyen" [...] où les activités sportives n'étaient qu'un "moyen" éventuel et non une "fin". (E. SOLAL : Ecole élémentaire, 1789-1989, deux siècles d'EPS, Revue EPS 1, n° 48, mai-juin 1990, p. 30-33.
3. Désaffecté à partir de 1985, puis démoli, ce centre accueillait des populations aux besoins spécifiques (personnes “en situation de handicap”, jeunes enfants, “troisième âge”…). Il occupait des locaux construits vers 1950, dans le 14ème arrondissement de Paris (à proximité de la Porte de Châtillon) et dédiés au Docteur Pierre Madeuf, pionnier de la rééducation orthopédique des enfants (une plaque est apposée 5, place Paul-Verlaine, dans le 13ème arrondissement, sur l’un des murs de la piscine de la Butte-aux-Cailles, où, de 1943 à 1946, il “a expérimenté et perfectionné son traitement médical de natation corrective”).
4. Activités auxquelles se rapporte la circulaire, n° 75-141 B, en date du 3 juin 1975 (dite “circulaire Perrilliat”, et non Périllat, comme souvent mentionné par erreur), ayant pour objet l’initiation de très jeunes enfants au milieu aquatique, et dont on peut regretter qu’elle soit, aujourd’hui, de moins en moins respectée, au moins dans son esprit, lorsque, s’agissant des conditions d’encadrement de ces activités, cette circulaire prévoit la constitution d’une équipe pluridisciplinaire, comprenant, entre autres, des spécialistes, notamment paramédicaux, de la petite enfance.