
La gravité c'est le temps de l'enfant qui joue.
Héraclite
Le jeu de l'enfant normal ressemble à une exploration jubilante et passionnée qui tend à faire l'épreuve de la fonction dans toutes ses possibilités.
Henri Wallon
Le jeu, chez l'enfant, est constitutif de sa relation au monde.
C'est en interaction ludique avec son milieu que l'enfant le découvre et le comprend, qu'il y acquiert son autonomie et apprend de lui : à partir de son activité spontanée, en fonction des possibilités d'expérience active que lui offre l'environnement et des initiatives d'action que celui-ci suscite en lui, et à travers lesquelles il peut se l'approprier.
C’est pourquoi le jeu doit avoir, dans l'environnement de l'enfant et dans sa vie quotidienne, une place à la mesure de l'importance qu'il a pour son développement physique, intellectuel, affectif et social.
Dans nos sociétés, dont le développement entraîne leur urbanisation croissante, cette place ne doit pas seulement résulter de l'existence de lieux spécifiques et finalisés, ainsi que le conçoivent une vision fonctionnaliste et une logique économiste de la Ville, prédominantes actuellement - et qui, lorsqu’elles prennent en compte l’activité ludique de l’enfant, ne l’envisagent que comme une catégorie d'activités et un secteur économique éventuel -, mais doit être inscrite dans la conception même de l'espace public, afin qu'y soit prévu le jeu des enfants, et pas seulement "des jeux pour les enfants".
B. G.
L'association LUDAQUA, fondée en 1983, s'est donnée pour but la promotion d'activités "aquatiques" de caractère ludique dans les domaines de l'éducation, des loisirs et de la santé, et d'affirmer la spécificité de telles activités, notamment par rapport au Sport[1], auquel les instances sociales tendent de nos jours de plus en plus à les assimiler[2].
Elle a, depuis sa création, mis en place, en plusieurs lieux, différentes activités de ce type et anime actuellement, à la piscine Jean-Taris, dans le 5° arrondissement de Paris, des activités, conçues comme des activités familiales de loisirs éducatifs[3], à l'intention de très jeunes et jeunes enfants.
Ces activités - qui ne relèvent pas de la natation et ne constituent pas un enseignement précoce de celle-ci, ni même une "adaptation du jeune enfant à l'eau", au sens où cette expression est souvent utilisée (notamment dans une perspective “présportive”) - n'ont d'autre finalité que de permettre à de jeunes enfants, en compagnie de leurs parents, de profiter des possibilités d'activités motrices qu'offre l'"espace" aquatique et que suscite la "découverte" de celui-ci, pouvant être pour eux source de joie et de plaisir, et facteur d'épanouissement.
La conception de ces activités se réfère à l'importance qu'a, pour le développement de l'enfant, l'activité issue de son initiative, et se donne pour principe de favoriser avant tout son expérience active, libre et autonome.
Dans cette même perspective, ces activités s'adressent également à des enfants handicapés pour lesquelles elles peuvent représenter une aide importante à cet âge.
Parmi ses différents projets, l'association LUDAQUA souhaite développer, à l'intention des enfants les plus âgés, des activités d'initiation à la plongée subaquatique, envisagée, non comme une "discipline sportive", mais comme une technique et un moyen de découverte du milieu aquatique, prolongement logique des activités qu’elle organise pour de jeunes enfants.
Elle accueille ponctuellement en stage des étudiant(e)s de troisième et dernière année de préparation au diplôme d'Etat de psychomotricien(ne) à l'Université Paris-VI (Faculté de médecine Pitié-Salpêtrière) et des stagiaires du CREPS d’Ile-de-France de Châtenay-Malabry, préparant le brevet d’Etat d’éducateur sportif du 1er degré des activités de la natation.
L’association LUDAQUA a été sollicitée à plusieurs reprises pour la création et la mise au point de matériel pédagogique..., et à titre de conseil et d'assistance à la conception, la programmation et l'organisation du fonctionnement et de l'animation d'équipements tels que : piscines ludiques, piscines "sport-loisir", complexes de loisirs aquatiques..., pour le compte de collectivités locales ou de bureaux d'études spécialisés.
L'association LUDAQUA a obtenu, du ministère des sports, chargé de la jeunesse et de la vie associative, un agrément au titre des "Sports" - dont elle n’a pas sollicité le renouvellement – et un agrément au titre de "la Jeunesse et de l'Education Populaire".
1. dans son développement actuel dominé par l’Olympisme.
2. dans l’état actuel de la législation qui tend à placer sous la tutelle de l’organisation institutionnelle du Sport toute activité pouvant être qualifiée d'”activité physique” (notion juridiquement on ne peut plus vague).
3. L'organisation de ces activités entend se situer dans une perspective d'activités associatives de proximité, relevant de l’”économie sociale et solidaire” - et se distinguant d’activités relevant d’organisations institutionnalisées, d’organismes parapublics ou d’entreprises à caractère marchand, de forme juridique "associative".
L'association LUDAQUA, si elle bénéficie de créneaux d'utilisation d'une piscine publique au même titre qu'un "groupement sportif", ne reçoit aucune subvention et autofinance entièrement l'organisation de ses activités.
Ses dirigeants sont entièrement bénévoles et les personnes qu’elle rémunère le sont de façon salariée par l’association.