dimanche 17 août 2008

L'association














La gravité c'est le temps de l'enfant qui joue.
Héraclite


Le jeu de l'enfant normal ressemble à une exploration jubilante et passionnée qui tend à faire l'épreuve de la fonction dans toutes ses possibilités.
Henri Wallon


Le jeu, chez l'enfant, est constitutif de sa relation au monde.

C'est en interaction ludique avec son milieu que l'enfant le découvre et le comprend, qu'il y acquiert son autonomie et apprend de lui : à partir de son activité spontanée, en fonction des possibilités d'expérience active que lui offre l'environnement et des initiatives d'action que celui-ci suscite en lui, et à travers lesquelles il peut se l'approprier.

C’est pourquoi le jeu doit avoir, dans l'environnement de l'enfant et dans sa vie quotidienne, une place à la mesure de l'importance qu'il a pour son développement physique, intellectuel, affectif et social.

Dans nos sociétés, dont le développement entraîne leur urbanisation croissante, cette place ne doit pas seulement résulter de l'existence de lieux spécifiques et finalisés, ainsi que le conçoivent une vision fonctionnaliste et une logique économiste de la Ville, prédominantes actuellement - et qui, lorsqu’elles prennent en compte l’activité ludique de l’enfant, ne l’envisagent que comme une catégorie d'activités et un secteur économique éventuel -, mais doit être inscrite dans la conception même de l'espace public, afin qu'y soit prévu le jeu des enfants, et pas seulement "des jeux pour les enfants".
B. G.




L'association LUDAQUA, fondée en 1983, s'est donnée pour but la promotion d'activités "aquatiques" de caractère ludique dans les domaines de l'éducation, des loisirs et de la santé, et d'affirmer la spécificité de telles activités, notamment par rapport au Sport[1], auquel les instances sociales tendent de nos jours de plus en plus à les assimiler[2].

Elle a, depuis sa création, mis en place, en plusieurs lieux, différentes activités de ce type et anime actuellement, à la piscine Jean-Taris, dans le 5° arrondissement de Paris, des activités, conçues comme des activités familiales de loisirs éducatifs[3], à l'intention de très jeunes et jeunes enfants.

Ces activités - qui ne relèvent pas de la natation et ne constituent pas un enseignement précoce de celle-ci, ni même une "adaptation du jeune enfant à l'eau", au sens où cette expression est souvent utilisée (notamment dans une perspective “présportive”) - n'ont d'autre finalité que de permettre à de jeunes enfants, en compagnie de leurs parents, de profiter des possibilités d'activités motrices qu'offre l'"espace" aquatique et que suscite la "découverte" de celui-ci, pouvant être pour eux source de joie et de plaisir, et facteur d'épanouissement.

La conception de ces activités se réfère à l'importance qu'a, pour le développement de l'enfant, l'activité issue de son initiative, et se donne pour principe de favoriser avant tout son expérience active, libre et autonome.

Dans cette même perspective, ces activités s'adressent également à des enfants handicapés pour lesquelles elles peuvent représenter une aide importante à cet âge.

Parmi ses différents projets, l'association LUDAQUA souhaite développer, à l'intention des enfants les plus âgés, des activités d'initiation à la plongée subaquatique, envisagée, non comme une "discipline sportive", mais comme une technique et un moyen de découverte du milieu aquatique, prolongement logique des activités qu’elle organise pour de jeunes enfants.

Elle accueille ponctuellement en stage des étudiant(e)s de troisième et dernière année de préparation au diplôme d'Etat de psychomotricien(ne) à l'Université Paris-VI (Faculté de médecine Pitié-Salpêtrière) et des stagiaires du CREPS d’Ile-de-France de Châtenay-Malabry, préparant le brevet d’Etat d’éducateur sportif du 1er degré des activités de la natation.

L’association LUDAQUA a été sollicitée à plusieurs reprises pour la création et la mise au point de matériel pédagogique..., et à titre de conseil et d'assistance à la conception, la programmation et l'organisation du fonctionnement et de l'animation d'équipements tels que : piscines ludiques, piscines "sport-loisir", complexes de loisirs aquatiques..., pour le compte de collectivités locales ou de bureaux d'études spécialisés.

L'association LUDAQUA a obtenu, du ministère des sports, chargé de la jeunesse et de la vie associative, un agrément au titre des "Sports" - dont elle n’a pas sollicité le renouvellement – et un agrément au titre de "la Jeunesse et de l'Education Populaire".


1. dans son développement actuel dominé par l’Olympisme.

2. dans l’état actuel de la législation qui tend à placer sous la tutelle de l’organisation institutionnelle du Sport toute activité pouvant être qualifiée d'”activité physique” (notion juridiquement on ne peut plus vague).

3. L'organisation de ces activités entend se situer dans une perspective d'activités associatives de proximité, relevant de l’”économie sociale et solidaire” - et se distinguant d’activités relevant d’organisations institutionnalisées, d’organismes parapublics ou d’entreprises à caractère marchand, de forme juridique "associative".

L'association LUDAQUA, si elle bénéficie de créneaux d'utilisation d'une piscine publique au même titre qu'un "groupement sportif", ne reçoit aucune subvention et autofinance entièrement l'organisation de ses activités.

Ses dirigeants sont entièrement bénévoles et les personnes qu’elle rémunère le sont de façon salariée par l’association.

Nos activités

L'association LUDAQUA organise à partir du mercredi 17 septembre 2008,

à la piscine JEAN-TARIS 16, rue Thouin 75005 PARIS,

métro : Monge, Cardinal-Lemoine, Jussieu - R.E.R. : Luxembourg,

des activités ludiques aquatiques* s'adressant à de jeunes enfants jusqu'à 4-5 ans.

Ces activités ont lieu les mercredis de 8 h 45 à 11 h, sauf pendant les vacances scolaires, aux horaires suivants :

- 8 h. 45 : en priorité pour les "tout-petits";
- 9 h. 30 ;
- 10 h. 15 : plus particulièrement pour les plus "grands".


AGE D'ADMISSION :

après la deuxième injection du vaccin pentavalent.


DOSSIER D'INSCRIPTION :

- bulletin d'adhésion-fiche d'inscription (qui vous sera remise lors de l’enregistrement de votre inscription) à remplir et à signer ;
- certificat médical (de non contre-indication à la pratique d'une activité aquatique) obligatoire sans lequel aucune inscription ne pourra être enregistrée définitivement ;
- certificat de vaccinations (ou, si vous le voulez, présentation du carnet de santé) ;
- une photo (format d'identité) de votre enfant avec l'un de ses parents nous sera également utile.


FRAIS DE PARTICIPATION :

pour la période scolaire, comprenant : cotisation, participation aux frais et assurance de l'enfant et de ses parents ou accompagnateurs (dans la limite de 2 personnes majeures par enfant) :
- premier enfant : 215 euros - deuxième enfant : 135 euros
Participation dégressive pour les inscriptions en cours d'année (sous réserve de places disponibles).
Règlement par chèque établi à l'ordre de l'association LUDAQUA.


RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS :

sur place à la piscine, aux jours et heures d'activités uniquement.
(merci de ne pas téléphoner en demandant que nous vous répondions : nous sommes dans l'eau..., mais pas le téléphone qui, par ailleurs, n'est pas destiné à notre usage).

* Les activités que nous organisons ne relèvent pas de la “natation” et ne constituent pas un enseignement précoce de celle ci, ni même une “adaptation du jeune enfant à l'eau” - au sens où cette expression est souvent utilisée (notamment dans une perspective “pré-sportive”).
Elles n'ont d'autre prétention que de permettre à de jeunes enfants, en compagnie de leurs parents1 de profiter des possibilités d'activités motrices qu'offre l'“espace” aquatique et que suscite sa “découverte”, et pouvant être pour eux source de joie et de plaisir.
Elles se réfèrent à l'importance qu'a, pour le développement de l'enfant, l'activité issue de son initiative, et se donnent pour principe de favoriser avant tout son expérience active, libre et autonome.
Dans cette perspective, ces activités s'adressent également à des enfants handicapés pour lesquels elles peuvent représenter une aide importante à cet âge.

* présence obligatoire et participation nécessaire d'un, au moins, des parents (ou accompagnateur adulte).


association régie par la loi du 1er juillet 1901
agréée par le ministère de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative
N° SIRET : 329 048 490 00018 - Code NAF : 913E - URSSAF : 755040156621001011
Siège social : Maison des associations du 5ème arrondissement - 5, square Adanson - 75005 Paris
Correspondance : 32, allée Beauséjour - 94190 Villeneuve Saint Georges
Tél. : 01 43 89 31 70 (serveur vocal)
C.C.P. Paris 12 795 50 W - Compte bancaire : CREDIT MUTUEL 94190 Villeneuve Saint Georges n° 22961741

Informations et conseils pratiques

(à l'attention des personnes participant à nos activités)


Votre enfant va participer à des activités de découverte de l’espace aquatique s’adressant à de jeunes enfants.

Ces quelques lignes ont pour but de vous donner de premières informations et quelques conseils pratiques.

La précaution essentielle concernant toute baignade, et plus particulièrement pour de très jeunes enfants, est de prévenir tout refroidissement. C’est pour cela qu’en raison de l’imperfection à leur âge de leur système de thermo-régulation, l’eau de la piscine est portée à une température de 32/33°(1).

Durant la séance, et du fait de son activité physique, votre enfant va consommer une part importante de ses réserves en “sucre” (le glycogène, stocké dans le foie et les muscles, et apporté par les glucides issus des féculents, source d’amidon). Aussi il sera nécessaire d’ajuster éventuellement la diététique au cours des heures qui précèdent l’activité(2) et, au sortir de l’eau, au bord du bassin, de prévoir un apport d’”eau”(3) et de “sucres”(4) pour éviter l’apparition de la soif et de la fatigue (en évitant toutefois, si possible, les aliments qui laissent des débris ou miettes sur le sol).
Quel que soit son âge, il est nécessaire et obligatoire(1) de vétir votre enfant d’un slip de bain (tissu éponge ou jersey de coton...).

Certaines contre-indications médicales, bien que temporaires, sont absolument formelles :

- O.R.L. : otites récidivantes à tympan ouvert, otites séreuses, certaines rhinites... ;
- Ophtalmo : conjonctivites ;
- Plaies non encore cicatrisées et affections cutanées : eczéma, psoriasis non sec, boutons de varicelle, suppurations après rappel B.C.G. ;
- Maladies infantiles : varicelle, rubéole... ;
- Gastro-entérites.

De même, par prudence, tout enfant fiévreux le jour de la séance, ne doit pas être amené à la piscine.

L’eau du bassin a subi obligatoirement plusieurs recyclages durant la nuit précédant la séance, et fait l’objet d’un contrôle et d’analyses de ses paramètres microbiologiques et physico-chimiques(1). Nous vous demandons pour votre part de vous conformer aux règles d’hygiène obligatoires : passage aux douches et aux pédiluves...(5).


Par ailleurs, nous insistons sur les recommandations suivantes :

- Vous assurer, lorsque vous poussez une porte, qu’un enfant ne se trouve pas de l’autre côté ;
- Le déshabillage et le rhabillage des enfants se font au bord du bassin afin d’éviter les risques de refroidissement dans les couloirs ;
- Prévoir peignoir ou drap de bain, “coton-tiges” pour le nez, oreilles et espace interdigitaux des pieds ;
- Ne pas utiliser de récipients (biberons, petits pots, flacons...) en verre, dont l’usage, particulièrement dangereux dans une piscine est interdit(5) ;
- Etant donné les risques de chutes, glissades... aux conséquences pouvant être très graves, être attentifs et veiller absolument à ce que les enfants en courent pas au bord du bassin (Attention au sol parfois glissant et aux marches d’escaliers) ;
- Assurer leur sécurité lors de leurs sauts dans l’eau (ainsi que celle des enfants qui s’y trouvent) ;
- Les prises de vues (photo, ciné, vidéo...) sont autorisées par la Mairie de Paris, à la condition qu'elles aient un caractère privé, étant bien entendu que leur diffusion éventuelle nécessiterait une autorisation spécifique et l’accord des personnes concernées. Un appareil photo étanche est à votre disposition ;
- Afin de pouvoir vous accueillir dans les meilleures conditions, nous devons limiter le nombre d’inscription à chacun des créneaux horaires. Pour ces mêmes raisons, nous vous demandons de vous efforcer de respecter l’horaire pour lequel vous êtes inscrits ;
- Le créneau d’utilisation de la piscine par notre association prend fin à 11 h 30, à l’ouverture de la piscine au public, heure à laquelle nous devons avoir libéré les vestiaires. Merci aux personnes inscrites au dernier créneau de la matinée (10h. 15 - 11h.) de bien vouloir sortir de l’eau en fonction du temps qui leur est nécessaire ensuite (ou de s’efforcer de réduire celui-ci...).
- Merci, enfin, de ne pas demander à nous joindre à la piscine par téléphone, celui-ci n’étant pas destiné à notre usage.

Les activités s’interrompent durant les vacances scolaires, la piscine étant, durant ces périodes, ouverte au public aux heures où nous l’utilisons.

L’association n’est pas responsable des séances pouvant être annulées pour des raisons indépendantes de sa volonté (fermeture exceptionnelle du bassin, incident technique...).

Par mesure de prudence, nous vous conseillons de ne pas laisser d’objets de valeur dans les vestiaires. La Ville de Paris n’est pas “responsable des vols, accidents ou incidents de toute nature” et de “la surveillance des locaux à usage de vestiaire”(5).

Selon la législation, les enfants sont, durant leur présence à la piscine, sous la responsabilité de leurs parents, dont la présence - ou celle des personnes (adultes) auxquelles il en ont confié la charge - est, pour cette raison, obligatoire.

Si l’ensemble du personnel de la piscine est attentif à leur sécurité dans les locaux de la piscine (vestiaires, sanitaires...), pour autant, et en aucun cas, sa responsabilité ne saurait être engagée en cas d’accident survenant à un enfant, et résultant d’un défaut de leur surveillance devant être exercée par leurs parents.

Une assurance responsabilité civile individuelle accident est souscrite pour chaque enfant et ses parents ou accompagnateurs obligatoirement majeurs.

L’association décline toute responsabilité en cas d’accident survenant à toute personne n’étant pas membre de l’association.

Merci de votre attention.


Petit additif concernant les périodes hivernales :

Durant les périodes de froid, nous vous recommandons d’être d’autant plus attentifs aux précautions suivantes :

- Ne pas oublier la petite collation éventuelle dans l’heure qui précède la séance de piscine, ainsi que, bien sûr, celle au sortir de l’eau (biberon, biscuits, miel, chocolat...) ;
- Ne pas rester trop longtemps dans l’eau de façon à ce que votre enfant ne soit pas anormalement fatigué en partant ;
- Bien le sécher après le bain, sans oublier ses cheveux ;
- Une fois votre enfant rhabillé, ne pas trop vous attarder aux abords du bassin, et veiller à quitter rapidement la piscine : si votre enfant est moite lorsqu’il va se retrouver à l’extérieur, le froid risquera d’autant plus de lui occasionner un rhume, qu’il aurait été facile de lui éviter.

Tout en vous rappelant que :

. les rhino-pharyngites sont “normalement” fréquentes jusqu’à 6 ans.
. et que durant les 3 ou 4 premières années de sa vie, votre enfant doit se construire une immunité contre une bonne cinquantaine de virus...

Alors, patience aussi !



1. Circulaire Jeunesse et Sports S/D.A.S./3 n° 75/141 du 03 06 75.

2. et selon le moment de la journée où celle-ci à lieu.

3. Aliments riches en eau (fruits et jus de fruits...)

4. Dans ce cas, les “sucreries”, qui en temps normal sont plutôt déconseillées, peuvent être recommandées.

5. Réglementation applicable aux piscines gérées par la Ville de Paris et texte des conditions d’utilisation des établissements sportifs municipaux.

Réglementation

Circulaire N°75 141 du 3 Juin 1975

S/D.A.S./3 N° 75141


LE SECRETARIAT D’ETAT AUPRES DU MINISTRE DE LA QUALITE DE LA VIE
(JEUNESSE ET SPORTS)

à

MESSIEURS LES DIRECTEURS REGIONAUX DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS

MESSIEURS LES DIRECTEURS DEPARTEMENTAUX DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS


Objet : Initiation des très jeunes enfants en milieu aquatique.



Le développement spectaculaire des écoles d’initiation, citées en objet, appelle de ma part un certain nombre d’observation et de réserves :

1°) La familiarisation de l’enfant à l’eau.

Cette familiarisation de l’enfant à l’eau a fait l’objet d’études dont les dernières en date menées par l’Institut National des Sports et à l’Ecole Normale Supérieure d’Education Physique et Sportive ont eu un grand retentissement dans le public. Il a été nettement constaté que de très jeunes enfants totalement immergés, sont capables de se maintenir momentanément ou de revenir en surface et de se déplacer, aidés par leur faible densité, de manières plus ou moins coordonnées. En fait, ils s’efforcent de rejoindre le bord du bassin ou un parent se trouvant lui-même dans l’eau.

Le tout jeune enfant manifeste ainsi des possibilités d’adaptation progressive au fur et à mesure qu’il franchit les étapes de son développement psychomoteur. Avant 4 à 6 ans, il n’est pas physiologiquement, ni psychologiquement capable de contrôler sa motricité segmentaire pour réaliser des mouvements techniquement définis.

La familiarisation du jeune enfant avec l’eau ne se pose pas en terme d’apprentissage technique, il ne s’agit pas de natation au sens communément admis par l’adulte, mais d’un comportement global d’adaptation.

L’avantage qui en résulte est l’acquisition d’une certaine aisance dans l’eau qui si elle ne présuppose en rien de la qualité de l’apprentissage ultérieur de la natation le facilitera très probablement.

Ces étapes lui permettent d’accéder par la suite à une véritable autonomie dans l’eau. Il apparaît que cette expérience ne saurait être envisagée par les parents que pour une très longue durée.

2°) La condition indispensable pour la réalisation de cette activité : l’ambiance affective sécurisante.

Cette condition est d’autant plus nécessaire que l’enfant est plus jeune : ce qui implique une présence parentale dans le bain, mère ou père, ou même les deux. C’est dire l’extrême disponibilité des parents, l’importance de leur entente, de leurs motivations qui peuvent diminuer ou accroître les résistances s’ils acceptent difficilement, par exemple, que leurs enfants soient moins brillants ou délurés que d’autres.

Je serais donc extrêmement réservé sur la généralisation de ce genre d’écoles si les éducateurs responsables avaient des exigences techniques, physiologiquement inapplicables à cet âge, ce qui risquerait d’entraîner des blocages plus ou moins nuisibles à l’apprentissage ultérieur et à l’épanouissement de l’enfant.

3°) Les conditions de cette activité.

Ces conditions doivent être strictes :

a) Conditions hygiéniques : elles doivent être absolues.

1. La température de la piscine doit être appropriée à cet âge : (32° en hiver), en raison de l’imperfection du système de thermorégulation de l'enfant. Cette température pourra être progressivement abaissée en fonction des saisons et de l’expérience de l’enfant.

La température de l’air ambiant devra être accordée à celle de l’eau.

2. L’eau doit présenter une qualité particulière du point de vue chimique et bactériologique (stricte application de l’arrêté du 13 juin 1969). Le port d’un slip est obligatoire en raison du manque de contrôle sphinctérien chez certains jeunes enfants. L’eau aura dû subir un double recyclage avant le début d’une séance.

3. Absence de maladies infectieuses, d’affections de la peau : les otites récidivantes peuvent être redoutables chez de très jeunes enfants effectuant des immersions répétées en position verticale.

4. Il conviendra d’exercer une surveillance au bord du bassin pour dépister toute réaction d’alarme, pâleur, rougeur, tremblement.

5. Un examen préalable devra être effectué par un médecin qui devra conseiller les parents, et délivrer obligatoirement un certificat d’aptitude. Les enfants de moins de 6 mois ne pourront être confiés qu’à des équipes très spécialisées.

b) Conditions d’encadrement :

1. Les parents participeront obligatoirement à la séance dans le bassin. La profondeur de l’eau doit leur permettre d’avoir pied.

2. Le chef d’établissement doit s’assurer de la constitution d’une équipe pluridisciplinaire qui comprendra notamment des représentants des catégories professionnelles suivantes :

- spécialistes de natation : maîtres nageurs sauveteurs, éducateurs et entraîneurs.

- spécialistes de P. M. I. (Protection Maternelle Infantile) : pédiatres, psychologues, puéricultrices et autres spécialistes paramédicaux.

- psychologues, éducatrices de crèches, institutrices de maternelle, enseignant d’E. P. S.

3. Tous les membres de cette équipe devront s’imposer une information préalable et une formation continue.

En résumé, il s’agit d’une activité de maniement délicat mais profitable lorsque toutes les conditions favorables sont remplies, cependant il convient d’appeler l’attention du public sur les risques multiples que peut entraîner cette activité.

Cette initiation devra s’adresser indirectement aux enfants au travers des parents qui devraient être solidairement informés et devraient prendre en charge leurs propres enfants. Le but à réaliser devrait se limiter à une familiarisation avec l’eau, l’enfant y étant amené dans des conditions de calme et de sécurité affective totale dans une ambiance hygiénique plus rigoureuse que pour l’adulte (asepsie, température et sous surveillance permanente, après avis médical préalable ayant défini de façon précise les indications et contre-indications individuelles à ce genre d’activité).

Nous mettons en garde les Chefs d’établissements contre les dangers d’une exploitation commerciale se substituant à un souci éducatif.

Vous voudrez bien porter les dispositions de la présente circulaire à la connaissance des directeurs de piscine de votre circonscription.


Pour le Secrétaire d’Etat et par délégation
Le directeur de l’Education physique et des Sports

Jacques Perrilliat

Les origines

(Petite note biographique incomplète, en rapport avec l’association LUDAQUA)

Psychomotricien
(aujourd'hui retraité) - ayant suivi cette formation (Faculté de médecine de Paris-Pitié-Salpêtrière et Institut régional d’éducation physique et sportive de Paris) dans les premières années qui ont suivi sa mise en place (sous l’égide des chaires de neuro-psychiatrie de l’enfant et de biologie appliquée à l’éducation physique et aux sports[1]), à une époque où l’éducation physique n’était pas encore, comme aujourd’hui, presque entièrement vouée au Sport et à l’éducation sportive[2] - et militant pédagogique engagé dans les mouvements de l’“éducation nouvelle” (ancien formateur aux Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active et ancien délégué général du Comité pour le développement de l’espace pour le jeu) et de la pédagogie et de la psychothérapie institutionnelles, j’ai fondé l’association LUDAQUA en 1983, à partir de certaines de mes activités professionnelles d’alors - notamment dans le domaine de la recherche sur le développement du jeune enfant - et dans une perspective proche des conceptions d’Alain Vadepied (1942-1976) - et que celui-ci a développées dans “Laisser l’eau faire” et “Les eaux troublées”, parus aux éditions du Scarabée (1976 et 1978) - et des recherches menées sous la direction de Guy Azémar, puis d’Yves Camus, au Centre Pierre-Madeuf[3] (Unité de pédagogie expérimentale de l’École normale supérieure d’éducation physique et sportive, puis de l’Institut national du sport et de l’éducation physique), que j’ai eu la possibilité de suivre avant la disparition de cet établissement, au début des années quatre-vingt.

C’est ainsi que l’association LUDAQUA fut la première association à organiser des activités d’“éveil aquatique” pour de jeunes et très jeunes enfants (plus communément désignées sous l’expression très discutable de “bébés nageurs”)[4] dans des piscines municipales de Paris.

Bernard Gibassier


1. Cette formation, sanctionnée à l’époque par un certificat de capacité (de rééducation de la psychomotricité) délivré par la faculté de médecine de Paris, avant la création du diplôme d’État de psychomotricien, avait été tout d’abord envisagée comme une formation complémentaire destinée à des personnes ayant déjà une expérience professionnelle dans des domaines tels que l’éducation physique, la kinésithérapie ou l’éducation spécialisée.

2 Les instructions officielles de 1985 sur les "horaires et programmes de l'école élémentaire" instituent, concernant l'éducation physique et sportive, [...] la primauté de la "finalité sportive", contrairement aux instructions officielles de 1980 sur les "horaires, objectifs, programmes, instructions au cycle moyen" [...] où les activités sportives n'étaient qu'un "moyen" éventuel et non une "fin". (E. SOLAL : Ecole élémentaire, 1789-1989, deux siècles d'EPS, Revue EPS 1, n° 48, mai-juin 1990, p. 30-33.

3. Désaffecté à partir de 1985, puis démoli, ce centre accueillait des populations aux besoins spécifiques (personnes “en situation de handicap”, jeunes enfants, “troisième âge”…). Il occupait des locaux construits vers 1950, dans le 14ème arrondissement de Paris (à proximité de la Porte de Châtillon) et dédiés au Docteur Pierre Madeuf, pionnier de la rééducation orthopédique des enfants (une plaque est apposée 5, place Paul-Verlaine, dans le 13ème arrondissement, sur l’un des murs de la piscine de la Butte-aux-Cailles, où, de 1943 à 1946, il “a expérimenté et perfectionné son traitement médical de natation corrective”).

4. Activités auxquelles se rapporte la circulaire, n° 75-141 B, en date du 3 juin 1975 (dite “circulaire Perrilliat”, et non Périllat, comme souvent mentionné par erreur), ayant pour objet l’initiation de très jeunes enfants au milieu aquatique, et dont on peut regretter qu’elle soit, aujourd’hui, de moins en moins respectée, au moins dans son esprit, lorsque, s’agissant des conditions d’encadrement de ces activités, cette circulaire prévoit la constitution d’une équipe pluridisciplinaire, comprenant, entre autres, des spécialistes, notamment paramédicaux, de la petite enfance.